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Tumulus et Tombelles de Kernours

On appelle MEGALITHE(s) (« grande pierre » en grec) des pierres gigantesques s'élevant solitairement dans le paysage ou des monuments construits à l'aide de ces pierres. A cause de leur taille surprenante, on a longtemps cru que ces monuments étaient l'oeuvre de quelconques géants ou fées.

Aujourd'hui le mot mégalithe s'applique à ces édifices des temps anciens, dont les archéologues estiment qu'ils ont été érigés durant l'ère Néolithique (4500, 2500 av. JC). Ils les définissent comme des constructions communautaires, généralement vouées au culte des morts.

Le terme MENHIR (« pierre dressée » en breton) définit des pierres solitaires dressées par la main de l'homme. Alors que le terme DOLMEN s'applique aux chambres funéraires faites d'un assemblage de ces immenses pierres. Dans les temps anciens, tous les dolmens étaient recouverts d'un tertre et accessibles par un corridor s'ouvrant sur l'extérieur. Un tel tertre fait de terre est appelé TUMULUS (« tertre tombal » en latin). S'il est construit grâce à un empilement de pierres de taille modeste, il se nomme alors CAIRN (« kairn » = « tertre » en breton).

Le tumulus ou allée couverte du Rocher en Kernours (lieu dit de la commune du Bono) est de type « coudé » ou en « équerre ». Cette forme est spécifique à la région côtière du Golfe du Morbihan, puisque seulement sept dolmens de ce type, situés entre les estuaires de la Loire et du Blavet, sont connus. Seul le tumulus du Rocher a conservé un tertre important qui recouvre la chambre funéraire.

Cette allée couverte est haute de 4 m et a un diamètre d'environ 20 m. L'entrée orientée au sud-est (direction du solstice d'hiver) donne accès à un couloir d'environ 12 m qui débouche à angle droit sur une chambre mortuaire s'étendant sur 8 m de long. Le monument de Kernours, érigé vers 3000 av JC, est constitué d'une alternance de pierres mégalithiques et de panneaux maçonnés formant les parois et la voûte. Cinq des piliers soutenant cet édifice sont ornés d'une idole en forme de « morgate » (appellation locale de la seiche pêchée dans les eaux du Golfe du Morbihan) traitée dans un style particulier, caractéristique de ces constructions néolithiques. Des scientifiques ont émis l'hypothèse qu'il s'agirait d'un totem issu d'une tribu maritime.

Au début de la période de l'âge de fer (8e siècle avant JC), une demidouzaine de sépultures circulaires d'un diamètre de 10 à 16 m et recouvertes d'un tertre de 0,50 à 1,10m de hauteur furent placées autour d u tumulus. Dans ces tombes, en fait de petits dolmens édifiés plus de 2000 ans après le tumulus néolithique, des cendres mortuaires originellement contenues dans des fosses rectangulaires furent découvertes. Ces édifices témoignent de la persistance de la vocation funéraire de ce site pendant plusieurs millénaires.

Au XIXe siècle de notre ère, des fouilles ont permis de mettre à jour des objets particulièrement intéressants sur le plan archéologique. Dans le tumulus on a trouvé des silex taillés, dans d'autres tombes une « situle » (petit gobelet de cuivre cerclé de fer) vieille de 2700 ans, des armes (dagues) et bijoux (bracelets de bronze). Quelquesunes de ces pièces sont visibles au musée de la Préhistoire « MILN- LE ROUZIC » de Carnac et au musée de Sciences Naturelles « SOCIETE POLYMATIQUE » de Vannes.