C'est au cours d'une séance du conseil municipal de la ville d'AURAY, le 25 août 1835 qu'est soumis le plan accompagné d'un devis estimatif, d'un pont suspendu à construire sur le confluant du ruisseau dit du Bono avec la rivière d'Auray, dressé par M. LAURENT, ingénieur des Ponts et Chaussées.
-Tirant d'air : 7 mètres
-Travée suspendue (68,22 mètres)
-Travées fixes (13,80 et 13,93 mètres)
-Soit une longueur totale de 95,95 mètres
Le montant des travaux s'élevant à la somme de 22 000 F, apparaît au conseil peu élevé en raison des avantages que procurerait à la ville, l'établissement d'une communication aisée sur ce point de passage fréquenté journellement par un grand nombre de personnes des communes environnantes pour se rendre aux foires et marchés d'AURAY (le passage se faisait alors à l'aide d'un chaland).
Approuvé par ordonnance royale de Sa Majesté LOUIS PHILIPPE, le 22 mai 1837, l'établissement d'un pont est mis en adjudication. Le 30 décembre 1838, concession en est faite pour une durée de 98 ans, au sieur LE PONTOIS, moyennant la perception d'un droit de passage et le versement d'une subvention de 10 000 F. Après avoir subi une demi-épreuve de charge, l'ouvrage en bois est fini et livré au public, le 1er octobre 1840. Afin de palier les effets néfastes du temps, de nombreuses réparations lui sont prodiguées entre 1859 et 1863. Mais, le sort s'acharne sur ce pont, les 3 et 4 décembre 1865, lorsque de violentes tempêtes mettent à mal la solidité de celui-ci, contraignant à y interdire la circulation. En réponse aux demandes formulées par Sieur LAURENT (représentant les actionnaires) et suite à l'accord du Conseil Général du Morbihan, le pont est mis sous séquestre l'année suivante. En 1867, après quelques travaux de réfection et une mise à l'épreuve à l'aide d'un tombereau de 3100 kg, la circulation est rétablie de façon restreinte. Mais dès le mois de janvier 1869, la circulation des voitures et des bestiaux y est de nouveau interdite et le nombre de piétons limité à cinq.
Quelques mois plus tard, est soumis le plan d'un ouvrage en pierre, en remplacement du pont suspendu. Ce projet trop onéreux est bien vite oublié et avec la mise en adjudication de la reconstruction des galeries d'amarres et de la suspension, respectivement les 1er mai 1869 et 16 février 1870, une refonte totale est entamée. Les travaux entrepris par les ateliers de construction R.P. Forget de Paris et les artisans locaux consistent en :
Ces travaux nécessitent la suspension du passage durant 18 mois. Durant l'été 1925, les établissements F. Arnodin du Loiret ont procédé à de nouvelles réparations : remplacement du câble unique et addition de 2 câbles de suspension et de retenue, de 2 sous-longrines sous les poutrelles du tablier, renforcement de celles-ci par des tirants sous-tendeurs et remplacement des anciens garde-corps et des garde-corps rigides. Aujourd'hui, cet ouvrage existant depuis plus d'un siècle et demi, est l'un des 2 derniers représentants de ce type de construction en France, et à ce titre, est inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques. En 2005, la commune qui en a la charge à réuni les fonds nécessaires à la remise en état de ce patrimoine historique, symbole incontournable du village du BONO. Document réalisé d'après archives